L’école Hélène Boucher : les montgeronnais n’ont pas fini de payer

Il y a 4 ans, la majorité actuelle décidait de construire une école neuve plutôt que de rénover le bâtiment existant. Dossier mal étudié, surcoûts, emprunts : alors que le chantier débute à peine, les erreurs s’accumulent. La facture est d’ores et déjà près de 2 fois plus élevée que celle prévue au départ. Et ce n’est sans doute pas fini.

Le 7 juin 2005 : les services techniques de la ville chiffrent le coût de l’école à 4.177.000 euros HT pour 3089m2. (annexe 1)

En mars 2007, la municipalité choisit l’architecte chargé de la construction de l’école. Parmi les 40 cabinets qui font acte de candidature, 4 sont admis à concourir. Leurs estimations se situent entre 4,2 millions d’euros HT et 5,5 millions d’euros HT. (annexe 2)

Ce dernier projet, que les membres du jury admettent onéreux (annexe 3), est pourtant retenu.

Nous sommes déjà à 1,3 millions d’euros au-dessus de l’estimation de départ. Le Cabinet d’architecte réalise les plans de l’école.

Le 11 mars 2008, entre les deux tours de l’élection municipale, les entreprises sont choisies.

Les travaux s’élèvent désormais à 6.160.432 euros HT. Par rapport à l’estimation de départ, nous sommes à 2 millions d’euros au-dessus.

Le 14 juin 2008, la mairie lance le chantier en grande pompe. Mais, à peine le chantier débuté : patatras !! De « fortes vibrations engendrées par l’usage des engins de compactages ont été constatées avec des répercussions importantes sur les propriétés des riverains et des risques de désordres ».

En clair : le sol est en remblai et, faute d’études suffisantes avant le démarrage du chantier, il faut réaliser 250 pieux de 7,5 à 9 m de profondeur.

Le 23 septembre 2008, la majorité municipale présente la facture : 740.000 euros, auxquels s’ajoutent les frais d’architecte.

chantier de l’école en mars 2009

L’opposition refuse de voter ces surcoûts. L’état du terrain pouvait laisser présager de ce qui allait arriver : les maisons construites à proximité, voici plus de 10 ans, avaient également dû faire l’objet de fondations complémentaires.

Dans cette affaire, la municipalité a fait preuve d’une incroyable légèreté.

L’étude géotechnique réalisée en 2006, indiquait en effet, qu’une « reconnaissance complémentaire devait être réalisée une fois l’implantation et le projet connus ». (annexe 4)

Or, cette étude a été réalisée trop tard : le 17 juin, une fois le chantier démarré !

En définitive, la facture est passée de 4,1 millions d’euros à 6,8 millions d’euros HT, soit une augmentation de 64%. Et nous n’en sommes qu’au début du chantier. Si l’on rajoute les frais d’architecte, la TVA et les frais divers, le coût de cette construction s’élève déjà à 10.600.000 euros.

Rassurez-vous, dit en substance Monsieur Hérault au Conseil Municipal du 23 septembre, ce programme est financé grâce à des subventions importantes du Département et de l’Etat.

Mais il a oublié de dire que :

- l’argent du Département et de l’Etat, ce sont également nos impôts,

- ces surcoûts ne sont évidemment pas pris en compte dans ces situations. Ils restent donc à la charge de la ville.

D’ailleurs, dès le mois de Juillet, la ville a été obligée d’emprunter 1.517.000 euros auprès de Dexia. Les communes ont l’habitude d’emprunter sur 15 ou 20 ans. Mais là, l’emprunt est réalisé sur 40 ans ! Soit jusqu’en 2048 ! Du jamais vu à Montgeron ! Bien évidemment, le remboursement de cet emprunt coûtera beaucoup plus cher. Il ne sera pas terminé que l’école sera déjà bonne à être rénovée.

Cet emprunt trahit surtout la situation dramatique des finances de la commune, la municipalité faisant supporter aux générations futures les dépenses qu’elle ne peut assumer elle-même.