A Montgeron, un promoteur tire le gros lot

A Montgeron, rue de la Garenne, le promoteur BDM achète un terrain communal au dessous de son prix et revend à un office public d’HLM les maisons qu’il construit au dessus du prix du marché.

Retour sur ce dossier dont le principal gagnant est manifestement le promoteur.

En 2007, la ville de Montgeron est propriétaire de deux parcelles de 1986 m² et 925 m² aux 120, 120bis et 122 rue de la Garenne.

Par courrier du 24 mai 2007, la ville demande au service des domaines une évaluation du prix du terrain de 1986 m². Le service des domaines, qui dépend de l’Etat, l’évalue à un montant de 155 000€. Il justifie ce faible prix par le fait que l’acquéreur devra viabiliser le terrain (route et assainissement).

Lire l’avis du domaine

Sans que la municipalité ne mette en concurrence de potentiels acquéreurs, la société BDM fait une offre par courrier du 19 juin 2007 à 100 000€, soit 55 % en dessous du prix fixé par les domaines. Curieusement la municipalité se satisfait de cette proposition et ne cherche pas d’autres offres plus avantageuses.

Le 26 juin 2007 (7 jours seulement après que BDM ait fait une offre), le Conseil Municipal approuve cette transaction à 100 000 €. La cession de l’autre parcelle est approuvée par le Conseil Municipal du 22 février 2008 pour le montant fixé par les domaines, soit 120 250€.

Lire la note de présentation pour le conseil municipal du 26 juin 2007

Lire la délibération du conseil municipal du 26 juin 2007

Ce promoteur immobilier prévoit dans un premier temps un programme privé dont il devait assurer la promotion (bureau de vente, plaquettes…). Mais il trouve finalement un acquéreur unique pour les 8 pavillons comprenant 16 logements. C’est l’OPIEVOY, organisme HLM public dont Monsieur Hérault est administrateur, qui se propose d’acquérir l’ensemble pour 2 906 148.54 € soit 181 634.28€ par logement.

Voir le plan masse des constructions

Sachant que les surfaces construites représentent 1341,97 m², le coût au m² s’élève à 2 165€, ce qui est particulièrement élevé surtout lorsque l’on sait que le promoteur a acquis le foncier à un prix défiant toute concurrence.

Cerise sur la gâteau : la ville accorde sa garantie d’emprunt sur 50 ans pour près de 3 millions d’euros. C’est également la ville qui paiera l’éclairage public.

La question qui se pose est donc toute simple : comment le montage financier a-t-il été élaboré ?

Interrogé à ce sujet, Monsieur le Maire ne nous a malheureusement apporté aucune réponse.

C’est la raison pour laquelle nous avons voté contre cette garantie d’emprunt.

Lire le courrier adressé aux riverains de la rue de la Garenne