La réforme des retraites
Le Gouvernement engage un débat courageux sur la réforme des retraites.
Nos régimes souffrent aujourd’hui d’un double handicap :
1/ les déséquilibres entre les générations puisque arrivent à la retraite des générations nombreuses qui ont peu cotisé par le passé alourdissant d’autant plus le fardeau des générations actuelles et à venir
2/ l’allongement de la durée de la vie qui est une bonne chose d’un point de vue personnelle mais qui a évidemment ces contre parties.
Quelques principes fondamentaux me semblent devoir guider ces réformes :
Nous devons maintenir le système par répartition, c’est-à-dire de solidarité entre générations, qui s’oppose au système par capitalisation des pays anglo-saxons. On a bien vu que la récente crise boursière a ruiné toutes les économies de certains retraités dans ces pays là.
Il est normal que la durée de cotisation s’allonge en fonction de l’allongement de la durée de la vie.
Ce principe pose le problème de l’activité de nos séniors. On ne peut pas d’un côté demander des trimestres de cotisation supplémentaires et, de l’autre côté, permettre à nos entreprises de licencier à tour de bras à partir de 55 ans. Le meilleur moyen de relancer nos régimes de retraite est de créer de l’emploi.
Or, pour créer de l’emploi, notre pays doit rester compétitif. A cet effet, les cotisations (retraite, maladie, famille) pèsent essentiellement sur le travail, affaiblissant d’autant notre compétitivité à l’égard de nos concurrents. C’est la raison pour laquelle je suis favorable à la taxation de tous les revenus mais aussi à la TVA sociale qui a le mérite de faire participer les importations au financement de notre protection sociale et d’alléger d’autant le prix de nos produits exportés. L’Allemagne et le Danemark ont expérimenté ce dispositif avec succès. Il est tout de même incroyable que la France s’en prive.
Le meilleur moyen d’assurer la pérennité du régime de nos retraites c’est bien évidemment la natalité. Pour financer les retraites de demain, il faut qu’il y ait des actifs. C’est pourquoi il faut dès aujourd’hui améliorer la situation financière de nos familles en prenant davantage en compte ce que coûte un enfant, mais en offrant aussi à leurs parents des trimestres de cotisation.
Enfin, c’est une question de justice. La réforme des retraites doit tenir compte de la pénibilité au travail et de l’espérance de vie malheureusement différente entre les catégories socio professionnelles. Il est donc normal qu’une année de travail d’un ouvrier de voirie compte plus qu’une année de travail d’un employé de bureau.
Le débat qui s’annonce est nécessairement complexe. Et les solutions devront être multiples. Espérons simplement que tous les acteurs s’y ’engageront sans démagogie mais avec tout le sérieux que justifie cette réforme.






